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Quand l'irrationnel intervient dans l'acte d'achat immobilier

Comment expliquer que 90% des Français, à un moment ou à un autre de leur vie et souvent de plus en plus tôt, placent l'accession à la propriété comme une de leur priorité ? Comment comprendre qu'ils s'engagent plus facilement auprès de leur banquier pour un quart ou un demi-siècle que devant le maire ?

C'est ce qu'a essayé d'observer le psychiatre Jacques-Antoine Malarewicz dans une étude « l'irrationnel dans l'acte d'achat immobilier » qui sera présentée lors du Salon National de l'Immobilier à Paris, du 22 au 25 mars. En avant-première, quelques explications...

Les raisons classiques de devenir propriétaires sont bien connues : protéger sa famille contre les agressions extérieures et donc fournir un refuge ; éviter de perdre de l'argent dans des loyers d'autant que le crédit s'avère attractif ; acquérir même s'il faut revendre dans un contexte de mobilité résidentielle de plus en plus accrue ; investir pour sa retraite dans un placement plus palpable que celui des actions ou obligations...

Rien que de très rationnel. Et pourtant, derrière ces raisons se cachent des motivations marquées du sceau de l'irrationnel.

Certains évènements de la vie imposent de l'irrationnel ; les liens conjugaux sont plus fragiles : une relation affective non satisfaisante semble pouvoir être remplacée par une autre, ce qui signifie qu'un couple est amené à traverser plusieurs vies.

L'allongement de la durée de la vie peut aussi contribuer à traverser plusieurs vies mais également à rester plus longtemps parents : parents de ses enfants mais également de ses propres parents vieillissants ... « A cette fragilité affective répond la recherche archaïque d'une insertion dans l'espace » explique le Psy. Et la notion de toit pour mettre tout le monde à l'abri s'impose même si « l'on ne choisit pas sa famille ».

Le psy de commenter, « l'habitation est à la fois un bien à transmettre, elle accompagne la filiation en même temps qu'un espace privilégié pour le clan ; elle est à la fois symbole de stabilité de solidité et de point de référence ».

Un investissement tout autant affectif au sens large que financier. Ce qui se reflète d'ailleurs lors d'une séparation où l'habitation fait l'objet de conflits aussi bien pour des raisons matérielles que symboliques. Rien de très nouveau dans cette étude. Une analyse qui relève plus du bon sens que du domaine de la psychanalyse.

Mais n'oublions pas qu'actuellement, acheter et se protéger des affres de l'avenir coûte cher. Ce désir peut pousser l'acquéreur à s'endetter sur un quart voire un demi-siècle. Or, lorsque l'on sait qu'un couple sur deux risque de divorcer à brève échéance, en n'ayant remboursé qu'une toute petite partie des intérêts du prêt, l'atterrissage risque d'être difficile. D'autant qu'il faudra en plus compter les petites cuillères, le linge brodé aux initiales familiales...

Avant d'acheter, mieux vaut donc y réfléchir à deux fois et surtout en raisonnant même si l'acquisition relève toujours d'un coup de coeur. Mais matériel.

Elisabeth Lelogeais
SeLoger – Février 2007


14/02/2007