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Sociologie et logement, un couple inséparable

Il y a eu l'après-guerre et ses besoins de reconstruction, puis la grande époque de l'urbanisation des années 70. Au milieu des années 80, diverses donnes font évoluer la demande du logement : éclatement de la famille, mobilité professionnelle accrue, allongement de la durée de la vie. Un véritable choc sociologique qui fomente une demande accrue et ciblée.

Une étude réalisée par l'Université de Paris-Dauphine voici un an, à la demande du Crédit Foncier, met en exergue le choc sociologique de ces dernières années par rapport à la demande de logements. Et affiche d'ailleurs un paradoxe avec un parc immobilier qui s'est amélioré et un taux de propriétaires avoisinant les 57%.

Reste que l'offre de logements est loin d'être adaptée et qu'il y aurait besoin, pour ces prochaines années, de 500 000 logements neufs par an. Bref, l'offre de logements est insuffisante par rapport à l'éclatement de la demande qui résulte de plusieurs facteurs qui peuvent avoir un effet insensible sur une courte période, mais cumulatifs et donc incontournables sur une période moyenne.

Au premier rang, des seniors plus nombreux : les plus de 60 ans représenteront 22,3 millions de personnes en 2050 contre 12,6 millions en 2005. Et, à la même date, les plus de 85 ans représenteront 4,8 millions de personnes contre 1,1 millions aujourd'hui. Des retraités qui vont donc rechercher une mobilité « de confort » (soleil, proximité familiale, double résidence) ou une mobilité « de précaution » (retour vers les centres-villes, plus de sécurité, plus de services, voire plus de logements adaptés).

Au second rang, l'éclatement de la cellule familiale qui ouvre la voie à de petits logements pour les familles monoparentales. Mais pas seulement. En effet, l'étude montre que certains couples recomposés ne cohabitent pas « pour mieux vivre ensemble » : plus de 8,5 millions de personnes vivent seules, soit 14% de la population.

La mobilité professionnelle se traduit aussi par de nouvelles stratégies résidentielles qui passent par la délocalisation, l'utilisation des moyens de transport rapides, le célibat professionnel et la double résidence.

Enfin, les nouveaux flux migratoires entrent en ligne de compte avec l'influence du TGV, des vols low-costs, du soleil et de la qualité de vie en France.

Autant de raisons qui justifient une demande soutenue pour les prochaines années même si des à-coups sont possibles en fonction de l'évolution des taux d'intérêt et qui exigent de relever des défis quantitatifs mais aussi qualitatifs.

Elisabeth Lelogeais
SeLoger.com – Novembre 2006


28/11/2006