Le vert n'est pas le remède miracle pour faire pousser la croissance comme le haricot magique, mais les mesures de soutien de la construction permettent une moindre dégradation. D'après les prévisions du ministère, dans le bâtiment, l'activité de construction neuve reculerait de 9% (après -5% en 2008), tandis que l'entretien-amélioration des bâtiments verrait son chiffre d'affaires se maintenir (-0,6% après +0,6%).
Du côté de l'hypothèse basse, le ministère prévoit pour le logement un recul de 11,8% des mises en chantier cette année (325 000 mises en chantier). Du côté de l'hypothèse haute : une baisse de 6,4% (345 000). La prévision moyenne est donc de 335 000 ou -9,1% (repli de 13,8% en 2008 : 368 500 logements avaient été mis en chantier). Ces prévisions intègrent les mesures de relance et du Grenelle de l'Environnement, mais le ministère n'a pas été en mesure d'en quantifier l'impact.
La mise en œuvre du Grenelle de l'Environnement représente un investissement total de 440 milliards d'€ sur la période 2009-2020, dont plus de 300 milliards pour le secteur de la construction, répartis entre le bâtiment (205 milliards) et les infrastructures de transport. Dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, le prêt à taux zéro pour les travaux de rénovation thermique a été mis en place le 31 mars. Selon le ministère, son cumul avec le crédit d'impôt sur le revenu en faveur du développement durable ou des économies d'énergie et des énergies renouvelables devrait bénéficier à... trois ménages sur quatre !
Les mesures du plan de relance de l'économie ont aussi pensé au bâtiment : le doublement de l'éco-prêt à taux zéro, aide directe, a fait 10 000 adeptes en deux mois !
Le bâtiment n'est pas seulement soutenu par les mesures fiscales pour l'accession sociale à la propriété ou l'aide à l'investissement comme le dispositif Scellier. Il l'est aussi par l'accroissement de la population et du nombre de ménages, la stabilisation des prix ou la baisse des taux d'intérêt de long terme. La construction étant surtout tributaire de la conjoncture, le ministère envisage la possibilité, si la croissance économique est de retour, de revoir des chiffres positifs dès 2010.