La France, en raison de son fort équipement en chauffage électrique (2006 : 30% de logements équipés de chauffage électrique. 30 ans plus tôt ? 2% seulement), est... très fortement sensible aux baisses de températures. Ainsi, la France, bien que premier exportateur d’électricité en Europe, doit acheter pendant les périodes de grand froid des électrons à ses voisins européens, le parc nucléaire français de 58 réacteurs, le plus important après les Etats-Unis, étant mal adapté pour faire face aux pics de consommation : une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation de la consommation d’électricité d’environ 2100 mW, soit deux fois celle de Marseille. Ainsi, depuis 2001, la France importe de plus en plus d’électricité. Or, importer en hiver, c’est prendre un risque car les voisins peuvent ne plus avoir la capacité de production nécessaire.
Les centrales nucléaires étant des moyens de production dits "de base", en période de pics, le recours aux combustibles fossiles est augmenté : s'il fait froid, EDF fait appel à des centrales au fioul, au gaz, au charbon, plus coûteuses et qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre.
Aujourd’hui, jeudi, froid mordant ? Météo France annonce un radoucissement des températures. Les alertes sont cependant maintenues par le RTE sur le Sud Est de la France et la Bretagne qui n’ont pas de centrales électriques à proximité et souffrent de difficultés d’approvisionnement. En Bretagne où il existe un risque de coupure électrique - la Bretagne ne produisant localement qu'à peine 7% de sa consommation d'électricité et dépendant des autres régions pour son approvisionnement -, c’est donc l’alerte rouge pour aujourd'hui et demain. Dans la région PACA, c’est l’appel au civisme : entre 17h et 20h, notamment, les habitants sont invités à modérer leur consommation d’électricité. Alors que l'encouragement des économies d'énergie en période de pointe est une solution, Greenpeace parie aussi sur les dispositifs d'économie d’énergie comme l’isolation de l’habitat.