Certes, ils ne vont pas détrôner les prêts à taux fixes qui font partis de la culture française, mais ils retrouvent à nouveau des couleurs. Pourquoi ? L’explication est simple. Les prêts à taux révisables sont indexés sur les taux à court terme des marchés financiers, l’Euribor, qui sont orientés à la baisse depuis quelques mois. Les prêts à long terme, indexés sur l’OAT, baissent aussi, mais de façon moins prononcée. De telle sorte qu’aujourd’hui, les prêts à taux révisables redeviennent attractifs face aux prêts à taux fixes, affichant un différentiel d’un bon demi point.
Ce différentiel s’avère nécessaire. C’est en quelque sorte la « prime de risque » face à une éventuelle remontée des taux. Plus le différentiel est significatif, plus le prêt à taux révisable est intéressant. A titre d’exemple, pour un prêt de 150 000 euros sur 15 ans, un taux variable à 3,50 %, capé à 2 % contre un taux fixe à 4,45 % permet d’économiser 13 000 euros sur 15 ans dans un scénario favorable et 1 000 euros dans un scénario délicat. A condition bien sûr de souscrire un prêt à taux révisable capé à 1 ou 2 % afin que ce butoir limite une éventuelle envolée à la hausse qui se produira certainement au cours de la durée du prêt. Ainsi, un prêt à taux révisable souscrit à 3,25 % avec un cap à 1 % ne pourra jamais dépasser les 4,25 %.
Dans ce contexte favorable, les établissements financiers affûtent leurs offres et devraient proposer de nouveaux produits au mois de mai. La concurrence va donc faire rage. Pour autant, ne pas céder aux sirènes du taux le plus faible qui peut s’avérer un taux d’appel valable uniquement un an ou deux ans. Et surtout lire entièrement le contrat et le renvoi aux petits astérisques… Certes, depuis 1er octobre 2008, les obligations des banques en matière de prêts à taux révisables ont été renforcées. Dorénavant, les banques doivent fournir des tableaux d’amortissement et de simulations sur des scénarios de hausse et de baisse, le coût total du crédit. Mais aussi une fois par an, donner le montant du capital restant dû. Des dispositions informatives appréciables et salutaires que l’emprunteur doit mettre à profit.
Elisabeth Lelogeais - Avril 2009