Et malgré la crise financière des « subprimes » arrivée l’an dernier dont une des conséquences majeures se traduit par un renforcement d’exigences de la part des banques avec un accroissement de l’apport personnel et un raccourcissement de la durée des prêts, les Français ne détellent pas. Ils profitent des stocks qui commencent à poindre dans le neuf et du ralentissement des ventes de l’ancien pour prendre le temps d’acheter, de réfléchir, de comparer… et pour ne pas s’emballer. Bref, le temps joue pour eux.
Côté neuf, le gonflement des stocks dans la plupart des villes pousse les promoteurs à revoir leurs grilles de prix. En effet, la crise énergétique qui pénalise les acquéreurs au niveau du coût des transports notamment, freine les ventes en grande périphérie. Et par ailleurs dans une situation de tension, les promoteurs ne font plus de surenchères sur le foncier actuel. Les promesses de vente sont même renégociées d’autant que des terrains publics (casernes, emprises SNCF, friches portuaires…) vont arriver sur le marché. Côté ancien, la lenteur des transactions, actuellement de six mois contre trois mois en début d’année, incline les vendeurs à freiner leur appétit et donc à revoir leurs prix à la baisse.
Sur ces deux segments de marché, la correction des prix est de mise. Pour le bonheur des acquéreurs, comme le souligne Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la Fnaim et professeur à l’Ecole supérieure des professions immobilières (Espi) : « la correction des prix équivaut à une resolvabilisation des acquéreurs, tout à fait naturelle et bienvenue et qui a plus d’incidences à court ou moyen terme que l’accroissement du parc immobilier dans le neuf ou que l’abaissement des crédits de 0,10 à 0,30 %. ». Ces deux dernières mesures relèvent en effet d’une part, de la politique gouvernementale prévoyant 500 000 unités neuves, mais arrivant tant bien que mal au chiffre de 360 000 cette année et d’autre part, au relèvement du taux de la BCE.
Une régulation du marché par le jeu normal de l’offre et de la demande semble prendre toute sa mesure, sans excès, avec seulement un ajustement des prix en rapport avec la solvabilité des emprunteurs. Les acquéreurs ont donc la carte en main. Il faut en profiter pour saisir les opportunités avant que la raréfaction du neuf engendre à nouveau une pénurie et donc une hausse des prix et avant que les vendeurs non obligés de réaliser l’opération se rétractent durement, gelant le marché avec, à la longue, une pénurie d’offre. Autant donc saisir la bonne opportunité quand elle se présente, en privilégiant l’emplacement, le centre-ville, les transports.
Elisabeth Lelogeais - Août 2007