Où va l'immobilier ?La hausse des prix se ralentit un peu partout et sur les deux segments de marché que sont le neuf et l'ancien. Pause préélectorale ou seuil d'insolvabilité en train d'être frôlé ? Un peu des deux sans doute.
Il est de bon ton de dire qu'en année d'élection présidentielle, la monotonie s'installe dans les affaires, le commerce, l'immobilier... Mais ce n'est pas parce le Parlement est en « vacances » jusqu'à la prochaine mandature et n'expédie donc que les affaires courantes et déjà adoptées que tout s'arrête. En immobilier encore moins qu'avant d'autant que le printemps ravive l'envie de bouger, de s'installer ailleurs ou autrement. Les divers salons se tenant dans les grandes métropoles au début de l'année et leur fréquentation importante témoignent du vif intérêt des Français à devenir propriétaire, et le salon national de l'immobilier qui va avoir lieu du 22 au 25 mars à Paris et auquel Se Loger.com participe ne devrait pas démentir cette affirmation. Une enquête réalisée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) pour le réseau ORPI, en février dernier, auprès de 1 000 personnes, révèle que 42% des 18-34 ans ont un projet immobilier pour les années à venir. Les raisons de cet attrait de la pierre sont désormais bien identifiées par les économistes : se constituer un patrimoine pour se sécuriser et ne pas dépenser des loyers à fonds perdus et s'inscrire dans un parcours résidentiel. Cette forte demande des jeunes est appuyée par l'allongement de la durée des prêts et par les taux de crédit encore attractifs, deux facteurs qui contribuent à gommer la hausse des prix. Cependant, les prix ont tellement augmenté ces dernières années que même ces deux subterfuges n'arrivent plus à compenser la folle envolée. Selon le Credoc, le logement est désormais le premier poste de dépenses des ménages. Ce que confirment les analyses des économistes : aujourd'hui, il faut 4,6 années de revenus pour acquérir un logement contre 2,7 en 1999. Depuis quelques mois, le marché donne d'ailleurs des signes de faiblesse : allongement des durées de transactions, reconstitution du stock chez les promoteurs, baisse des volumes de crédit accordé par les banques. Même les investisseurs ne se ruent plus sur la pierre. Manifestement, l'atterrissage en douceur tant attendu arrive. Même les prix commencent à augmenter moins vite, une croissance à un chiffre contre deux les cinq dernières années. Reste à savoir s'il s'agit d'une simple pause pour mieux rebondir, une parenthèse en année électorale ou un mouvement plus profond qui annoncerait la fin d'un cycle de folles années et le début d'une période plus raisonnée. Les avis des spécialistes et acteurs du marché divergent. Seul point d'accord, le seuil d'insolvabilité est atteint. Les promesses électorales en matière de logement demeurent encore assez floues. La possibilité de déduire les intérêts d'emprunt pour l'acquéreur peut séduire même si les taux d'intérêt sont peu élevés. Cela donnerait en effet une petite bouffée d'oxygène dans un budget bouclé au plus juste. Mais rien aux acquéreurs qui ne sont pas imposables. D'où l'idée d'un crédit d'impôt qui refait surface. Les investisseurs rêvent secrètement d'un « Périssol » bis pour amortir davantage et doper une rentabilité bien écornée par la hausse des prix. Bref, tout le monde espère grappiller une bonne mesure qui allègerait la facture pierre. Elisabeth Lelogeais Les informations disponibles dans cette page sont fournies
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