Energie solaire et géothermie : se chauffer autrement

L'augmentation du prix du baril de pétrole, du gaz et de l'électricité pèse sur le budget chauffage et invite à s'intéresser à de nouvelles énergies plus propres, plus naturelles et plus économiques pour un logement neuf ou existant.

L'explosion du prix du baril de pétrole n'a échappé à personne, pas plus que la récente hausse du prix du gaz en novembre dernier. L'électricité, elle, a augmenté dans une moindre mesure, mais elle partait de haut. La privatisation d'EDF et le besoin de renouvellement des centrales nucléaires ne devraient pas adoucir la note. Pour contourner ces obstacles, alléger la facture à plus ou moins long terme et se chauffer « plus propre », voici plusieurs pistes qui, en plus, ouvrent droit aux crédits d'impôt liés aux économies d'énergie.

Se chauffer avec le soleil
L'énergie solaire a mis longtemps à trouver ses lettres de noblesse. Plus de 20 ans auront été nécessaires pour qu'elle soit reconnue énergie à part entière et donc performante et fiable, non seulement pour le chauffage mais aussi pour la production d'eau chaude. Dans tous les cas, l'élément principal est le soleil. Mais comment faire lorsqu'en hiver les jours sont très courts et le soleil ne brille pas ? Pas de souci, il faut stocker et donc capter le soleil quand il est là.

Première étape, installer le ou les capteurs. Un capteur se compose d'une plaque métallique sur laquelle est posé un réseau de tubes en cuivre. Peint en noir pour favoriser l'absorption de chaleur, il est enfermé dans un coffret entouré de laine minérale qui va éviter les déperditions thermiques. Une vitre en verre trempée recouvre le capteur. Sa fonction esthétique est importante, celui-ci étant généralement juché sur le toit d'une maison ou d'un immeuble. Mais elle revêt surtout un intérêt énergétique. En effet, cette vitre laisse entrer le soleil et bloque le rayonnement infrarouge réémis par l'absorbeur qui s'est réchauffé. Se produit alors l'effet de serre qui agit sur les tubes en cuivre dans lesquels circule un liquide favorisant le chauffage.

Seconde étape, stocker la chaleur. Pour faire en sorte que le chauffage par énergie solaire ne bénéficie pas seulement aux régions du Sud de la France où le soleil brille souvent plus généreusement et plus longtemps, il faut prévoir un dispositif de stockage. Celui-ci peut se faire par hydro-accumulation via un ballon de réserve-tampon. Dès l'instant où la météo est favorable, le liquide calolporteur de chauffage chauffe l'eau par l'intermédiaire d'un échangeur de chaleur et alimente radiateurs, voire planchers chauffants. Le stockage peut également se faire par plancher solaire direct, un peu plus sophistiqué que le précédent au niveau de la régulation de chaleur.

Se chauffer par la terre
Le principe de la géothermie consiste à puiser l'énergie du sol qui provient du rayonnement solaire et de la migration des eaux de pluie. Cette énergie est gratuite. Reste que pour la capter afin de l'utiliser, il faut une pompe à chaleur. Celle-ci puise par l'intermédiaire de capteurs, la chaleur du sol, de l'air ou de l'eau et la restitue à l'intérieur du logement via le chauffage. Cette pompe est composée d'un circuit fermé et étanche dans lequel circule un fluide frigorigène. Ce fluide emmagasine les calories et se transforme vapeur haute pression sous l'action d'un compresseur, puis cède sa chaleur au circuit de chauffage en redevenant liquide. A l'étape suivante, le fluide « refroidi », repart pour un nouveau cycle. Tout ce « trafic » nécessite néanmoins l'usage de l'électricité, à hauteur de 30%, les 70% restants étant puisés gracieusement dans l'environnement.

Avant d'entreprendre des travaux d'amélioration de votre système de chauffage, obtenez des devis comparatifs pour un bilan thermique auprès de professionnels proches de chez vous.

Energie naturelle et économies d'impôt
L'énergie naturelle est idéale pour l'environnement mais demande quelques investissements de la part des propriétaires : 10 000 euros au minimum, plus les capteurs, plus la pose... Si l'économie courante observée à la consommation dès l'installation est immédiate, l'économie sur investissement- même si le coût des équipements diminue- ne se réalisera que plus tard, lorsque l'achat du matériel et la pose seront amortis. A l'heure actuelle il faut au moins compter 10 ans avant que l'investissement ne soit amorti. D'où l'intérêt du crédit d'impôt qui, avec la loi de Finances 2006 (pas encore votée à ce jour), pourrait atteindre les 50% et accélèrerait l'amortissement. Cependant, seuls les équipements et matériaux répondant à des normes précises ouvriraient droit à ce crédit d'impôt avec des dépenses contenues à hauteur de 8 000 euros pour une personne seule et 16 000 euros pour un couple marié avec majoration par personne à charge.

Pour en savoir plus sur les conditions, SeLoger vous conseille de consulter le site de l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (www.ademe.fr)

Elisabeth Lelogeais
SeLoger – Décembre 2005

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