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Nouvelles des taux au 03 février 2006

Le taux d'intérêt à long terme (10 ans) des marchés financiers, utilisé comme référence pour les crédits immobiliers, est en forte hausse de 0,23 % depuis le début du mois de janvier 2006. Il revient à son niveau de novembre 2005, pour se situer à 3,52 % au 3 février 2006.

La dernière hausse des taux de la Banque Centrale Américaine (+ 0,25 %, le 1 février 2006) et la hausse prévue du taux d'intérêt à court terme de la Banque Centrale Européenne (BCE), entraînent les taux d'intérêt à long terme à la hausse. Nous pensons qu'il s'agit du début d'un mouvement de hausse progressive des taux d'intérêt, qui pourraient atteindre 0,50 % de plus que leur niveau actuel à fin juin 2006 (soit 3,80 %) et encore 0,20 % de plus dans les mois suivants pour atteindre environ 4,00% d'ici la fin de l'année 2006.

Malgré une hausse depuis fin septembre 2005 d'environ 0,20 %, les taux des crédits immobiliers sont restés à des niveaux exceptionnellement favorables. Le taux fixe excellent à 15 ans se situe actuellement à 3,30 %, en baisse de 0,10 % par rapport à la moyenne de l'année 2005.

La situation actuelle des taux d'intérêt constitue ainsi une excellente opportunité pour tous les emprunteurs : vous pouvez emprunter pour votre projet immobilier à un taux réel, inflation déduite, de moins de 2 %. Retrouverez les taux actuellement pratiqués en cliquant ici.

La hausse des taux de la BCE, de 2,00 % à 2,25 % au 1er décembre 2005, a eu deux conséquences :
- un mouvement de hausse très important des taux d'intérêt à court terme : le taux d'intérêt à 1 an, descendu jusqu'à 2,20 % en septembre 2005, est passé à 2,90 % au 3 février 2006. Cette hausse très importante de 0,70 % a un impact sur les prêts à taux révisable ;
- une hausse progressive et mesurée des taux d'intérêt à long terme, en raison notamment des commentaires de la BCE. Elle a indiqué qu'elle n'envisageait pas de mouvements de hausse trop importants des taux d'intérêt, mais il se confirme qu'une deuxième augmentation d'un même montant (+ 0,25 %) est prévue pour mars 2006 et le taux à court terme de la BCE pourrait atteindre 2,75 % ou 3,00 % en fin d'année 2006.

Globalement, les marchés financiers estiment que les taux d'intérêt devraient donc monter de manière progressive pendant les prochains mois et jusqu'en fin d'année 2006.

Les marchés financiers sont focalisés sur les chiffres d'inflation et d'activités aux Etats-Unis. Le niveau des prix en décembre 2005, n'a augmenté que de 0,10 % et n'a que faiblement augmenté en novembre 2005 (+ 0,20 %). L'inflation en rythme annuel (toujours hors alimentation et énergie) se situe seulement à 1,70 % en décembre 2005, son plus bas niveau depuis février 2004 (1,60 %).

Les marchés financiers avaient déjà anticipé la hausse de 0,25 % du taux à court terme de la Banque centrale Américaine qui a eu lieu le 1 Février 2006 pour le passer de 4,25 % à 4,50 %. Malgré le chiffre de croissance très faible du quatrième trimestre 2005 (+1,10 % seulement), les marchés financiers continuent d'anticiper une nouvelle hausse des taux de la part de la Banque Centrale Américaine. Ils prévoient que le taux à court terme devrait continuer à monter, pour atteindre 4,75 % en fin du premier semestre 2006. La hausse très importante du taux à court terme aux Etats-Unis (passé de 1 % à 4,50 % entre juin 2004 et février 2006) devrait se répercuter progressivement sur les taux à long terme. Après une longue phase de baisse depuis plus d'un an, les taux à long terme pourraient maintenant suivre une légère tendance à la hausse.

Sur le plan économique et financier, quatre facteurs expliquent l'évolution actuelle des taux :
- Malgré des derniers chiffres de croissance plus favorables (les prévisions de croissance pour l'année 2006 en Europe viennent d'être relevées de 1,50 % à 2 %), la BCE hésite à durcir fortement sa politique monétaire. Elle doit prendre en compte un environnement économique difficile (croissance annuelle de 1,50 % en 2005 contre 3,80 % aux Etats-Unis) insuffisant pour résorber le chômage, tout en montrant sa vigilance par rapport au niveau d'inflation. Alors que l'objectif affiché d'inflation se monte à 2 %, le niveau réel, lui, est supérieur. Il se situe en décembre 2005 à 2,20 % en rythme annuel, contre 2,30 % en novembre, mais les objectifs fixés ne sont pas encore respectés. Les spécialistes anticipent en général deux nouvelles hausses en 2006, l'une au premier trimestre de 0,25 %, et une ou deux autres augmentations de 0,25 % dans les mois suivants, pour atteindre 2,75 % ou 3,00 % en fin d'année 2006. La baisse du cours de l'euro (à 1,21 dollar actuellement, son plus bas niveau depuis 2 ans, contre 1,35 dollar en début d'année 2005) conforte également le scénario d'une faible augmentation des taux d'intérêt à court terme.

- Les marchés financiers avaient déjà anticipé les hausses des taux de la Banque Fédérale Américaine. Ils ont également pris connaissance de la continuité de la politique monétaire américaine avec la nomination du successeur de M. A. Greenspan, M. Bernanke, à la tête de la présidence de la Banque Fédérale américaine. Ils hésitent entre une ou deux hausses supplémentaires dans le prolongement de la hausse qui vient d'être annoncée. Les taux d'intérêt à court terme aux États-Unis se situeraient alors entre 4,50 % et 4,75 %, ce qui est élevé en comparaison des taux à long terme (4,62 % actuellement pour le taux d'intérêt à 10 ans). La Banque Fédérale Américaine a par ailleurs affirmé son souhait d'afficher un objectif fixé d'inflation, confirmant ainsi que de nouvelles hausses de taux d'intérêt à court terme sont à prévoir. Cette hausse des taux à court terme aura progressivement de l'influence sur les taux d'intérêt à long terme aux Etats-Unis et donc en Europe.

- La performance moyenne des marchés boursiers depuis plus de 5 ans. Vous retrouverez les dates marquantes de la Bourse au 3 février 2006 en cliquant ici. Pour l'année 2005, la performance des marchés boursiers est excellente, avec une hausse du CAC 40 de 24,4 %, ce qui est exceptionnel. Elle a été très bonne également en 2004 (+ 7,30 %) et en 2003 (+ 16 %). On se situe toutefois actuellement à un niveau inférieur de 27,5 % du niveau le plus haut de septembre 2000 (actuellement 4938 points au 3 février 2006 contre 6813 points au plus haut en septembre 2000 !). Les marchés boursiers sont de mieux en mieux perçus mais continuent d'être considérés comme relativement risqués. Les investisseurs reviennent progressivement vers la Bourse. La hausse actuelle des marchés boursiers ne suffit pas toutefois, à ce stade, à favoriser durablement l'investissement boursier. On continuera donc de constater une certaine préférence pour les instruments de taux d'intérêt (obligations) dans les allocations d'investissement et les taux resteront ainsi influencés à la baisse.

- La croissance économique américaine est extrêmement forte. Malgré le faible chiffre de croissance au quatrième trimestre (+ 1,10 % seulement contre 2,60 % attendu ) les indicateurs d'activité restent très favorables. Pour l'ensemble de l'année 2005, la croissance se situe à 3,50 % (contre 4,20 % en 2004 et 2,70 % en 2003) ce qui reste très élevé. Pour 2006 elle devrait se situer au dessus de 3,00 %. Les derniers chiffres de créations d'emplois pour janvier 2006 sont très positifs (140.000 emplois créés contre 110.000 prévus) après des chiffres également très positifs pendant les mois précédents, (décembre 2005, 185 000 emplois créés et 305 000 emplois créés en novembre 2005). Au total, plus de 2 millions d'emplois ont été créés sur l'année 2005. Le taux de chômage est en baisse à 4,90 %, contre 5 % en novembre 2005. Contrairement aux prévisions, les derniers chiffres de commande de biens durables pour décembre 2005 ont montré une progression de 1,3 %, contre 0,50 % attendue. Ceci fait suite à la progression de 2,50 % en novembre, qui était également bien au-dessus des prévisions moyennes de 1,40 %. De son côté, l'indice de confiance des consommateurs a fortement progressé pour passer de 100,1 en novembre 2005 à 106,6 en décembre 2005. Les chiffres de vente de maisons neuves montrent une hausse de 2,90 % en décembre 2005 soit un niveau de 1,26 millions d'unités en rythme annuel, après une baisse en novembre. On estime que le marché immobilier est plutôt sur une tendance à la stabilisation, même si la croissance de 11 % en octobre constituait la plus forte croissance depuis deux ans. Visiblement, les effets de l'ouragan Katrina sont maintenant absorbés et la hausse du prix du pétrole n'a pas eu d'impact significatif sur la confiance des ménages. Sur le quatrième trimestre 2005, la consommation des ménages n'a augmenté que de 1,10 % contre 4,10 % au troisième trimestre 2005, mais le niveau de la confiance des ménages reste satisfaisant. Les résultats des 500 premières entreprises américaines devraient augmenter de plus de 11 % en 2005, atteignant ainsi des niveaux records. Ce cycle de forte croissance économique accompagné d'une inflation surveillée de manière particulièrement stricte, justifierait la continuité de la politique de hausse progressive des taux d'intérêt de la Banque Fédérale Américaine.

Il est particulièrement significatif de noter que la hausse très importante de 3,50 % des taux américains à court terme entre le 25 juin 2003 (1 %) et le taux actuel (4,50 %) n'a pas eu, à ce stade, de répercussion sur les taux à long terme. Le différentiel entre le taux d'intérêt américain à 10 ans et le taux d'intérêt au jour le jour n'a jamais été aussi bas : il se monte actuellement à 0,12 % seulement alors qu'un niveau considéré comme historiquement normal serait de 1,50 % environ ! La prochaine hausse des taux de la Banque Fédérale Américaine ramènerait ce différentiel à 0,05 % seulement. Ce décrochage, unique dans l'histoire financière semble lié essentiellement à la politique stricte de la Banque Fédérale Américaine de lutte contre l'inflation et au nouvel environnement économique mondial de globalisation (les réserves financières considérables de la Chine sont certainement placées pour une large part en bons du Trésor américain) Cette situation exceptionnelle doit, à l'évidence, conduire à une certaine prudence dans les prévisions sur les taux d'intérêt à long terme.

Les récentes déclarations de la Banque Centrale Américaine sur le besoin de rester vigilant en terme d'inflation, militent en faveur d'un scénario de hausse des taux d'intérêt à court et à long termes.

Le scénario le plus probable nous semble donc être une hausse des taux d'intérêt à 10 ans aux Etats-Unis d'ici la fin du premier semestre 2006. Ils n'entameront un mouvement de hausse plus forte (pour atteindre 5 % environ) que vers la fin de l'année 2006 avec la prise en compte progressive des hausses des taux d'intérêt de la Banque Fédérale Américaine. Les taux d'intérêt à long terme de la zone euro pourraient monter progressivement tout en restant à des niveaux très bas historiquement (3,80 % pour le taux d'intérêt à 10 ans en milieu d'année 2006 et 4 % environ en fin d'année 2006) en raison des perspectives de croissance moins importantes qu'aux d'États-Unis (la croissance économique est révisée à la hausse à 2,00 % pour l'ensemble de l'année 2006, un niveau très inférieur à celui prévu aux Etats-Unis environ 3,00 %) et suite aux hausses progressives de taux de la Banque centrale européenne (hausse de 0,50 % à 0,75 % attendue durant l'année 2006).

EN RESUME
- On devrait donc continuer d'observer des taux de crédits immobiliers extrêmement bas jusqu'en milieu d'année 2006 (sans doute moins de 3,50 % pour le taux fixe à 15 ans), voire la fin de l'année 2006 (sans doute 3,80 %). Les taux d'intérêt devraient rester extrêmement favorables aux emprunteurs pendant les prochains mois.

- Si vous choisissez un prêt à taux révisable, il est très important de prendre un taux capé (limité à la hausse) car la hausse actuelle des taux d'intérêt à court terme se répercutera mécaniquement sur les taux pratiqués à l'avenir. La hausse de 0,50 % des taux d'intérêt à 1 an depuis septembre 2005 a déjà conduit à une hausse équivalente des taux des prêts à taux révisables.

Source :  www.meilleurtaux.com

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