Le viager, la retraite complémentaireSur les banderoles, la retraite est moribonde, sinon morte. On le sait, l'âge d'or du système de répartition est révolu et le niveau des pensions n'est pas annoncé à la hausse. Il faut donc préparer sa retraite et trouver des solutions pour l'améliorer. M. Jacques Benne, Docteur en Droit diplômé d'H.E.C., nous présente la solution deux en un : le viager, pour actifs et retraités.
Principe du viager : une retraite décenteQu’est-ce qui vous a amené à fonder Viager-Retraite ? Après 45 ans d’expérience professionnelle, je me suis rendu compte qu'arrivé à l’âge de la retraite les revenus diminuaient sérieusement, aussi bien pour celui qui part à la retraite que pour le conjoint lorsque celui qui touche sa retraite décède. Je me suis donc posé la question, étant moi-même à la retraite, de savoir comment on pouvait compléter ses revenus retraite. Le viager, pour moi, a été une réponse intelligente. Ça c’est le premier point. Et comme j'ai été notaire et avocat, je connais tout ça parfaitement. Le deuxième point, c’est la question des retraites de ceux qui sont actuellement dans la vie active. Avec la crise que nous connaissons de la retraite par répartition, qui ne fera que s'amplifier, il est nécessaire d’envisager des revenus de retraite complémentaires pour le jour où l’on sera soi-même à la retraite. Le viager répond également à cette difficulté prévisible. Votre cabinet s’appelle Viager-Retraite ? Quels sont les avantages du viager pour la retraite ? Le viager occupé comporte pour celui qui est à la retraite un avantage extraordinaire : il permet de toucher à la fois des revenus complémentaires défiscalisés et de conserver son cadre de vie. Les revenus que l'on touche sont défiscalisés à hauteur de 70% à partir de 69 ans révolus. Et en vendant en viager occupé, on peut conserver, quand on est soi-même à la retraite, son cadre de vie, ses habitudes, son relationnel, enfin sa façon de vivre habituelle. Et pour celui qui prépare sa retraite, il y a une méthode extraordinaire de préparation : l'acquisition d'un bien en viager occupé parce que l’occupation a une valeur importante qui en général est autour de 45 à 50% de la valeur d’un bien. Donc, si vous achetez un viager occupé, la valeur d'occupation est déduite du prix du bien. Par conséquent, vous achetez 50 ou 55 un bien qui en réalité en vaut 100. En plus, vous ne payez pas ces 50 ou 55 comptant puisque le principe du viager est d’avoir un bouquet et une rente. Donc, sur la base de 50 ou 55, vous allez payer un bouquet qui va représenter environ 10 ou 15 et le reste, c'est-à-dire la différence entre la base et le bouquet, est payé sous forme de rentes. Le reste équivaut donc à un crédit à taux 0, sauf indexation éventuelle. C'est une façon très astucieuse d’acheter un bien dans des conditions extrêmement intéressantes avec la perspective, lorsque l'on arrivera soi-même à l’âge de la retraite, de revendre le bien non plus en viager occupé, mais de le revendre en viager libre. La revente en viager libre permet d’encaisser un bouquet qui ne subira aucun abattement puisque vous vendez en viager libre. Le bouquet que vous percevez, qui ne subit pas de déduction pour occupation, paie le bouquet que vous aviez versé à l’origine plus les rentes versées. Et la revente en viager libre vous permet de toucher une rente viagère et de bénéficier d'un avantage fiscal puisque, à partir de 69 révolus, les rentes viagères ne sont à déclarer qu’à hauteur de 30%, donc vous avez 70% d’abattement. Le viager est à mon avis la formule la plus adéquate pour d’une part créer ou compléter une retraite pour des gens qui sont à la retraite et d’autre part préparer une retraite ultérieure et une retraite défiscalisée. Voilà le cadre d’ensemble du viager et les raisons qui m’ont motivé à acquérir du viager-retraite Et l’usufruit ? Je pense qu’il va y avoir un grand marché qui va se créer sur la vente d’usufruit parce que les prix de l’immobilier sont de plus en plus chers et le seront de plus en plus même s’il y a des crises momentanées, même si ça baisse pendant quelques temps, car l’expérience montre que sur une longue période l’immobilier se valorise forcément et fortement. Prenons un retraité qui habite à Paris et qui veut prendre sa retraite sur la Côte d’Azur. L’appartement à acheter coûte par exemple 400 000 €. Mais puisque le jour où il décède, il n’a plus besoin de son appartement, il peut utiliser peut-être 180 000 € pour acheter l’usufruit, c’est-à-dire l’usage du bien sa vie durant. Et il peut donner la différence de 400 000 € à 180 000 €, c'est-à-dire 220 000 €, à ses enfants, s’en servir pour souscrire un contrat d’assurance-vie pour transmettre à ses enfants, etc. Les acheteurs sont-ils plus durs à trouver que les vendeurs ? Aujourd’hui, on trouve plus de vendeurs que d’acquéreurs parce que les vendeurs sont très sensibilisés au problème de l’insuffisance des retraites. Les vendeurs sont conscients qu’ils ont besoin d’un revenu. Mais comme les acquéreurs commencent à subodorer que leur retraite sera insuffisante, on a actuellement une tendance qui est en train de se développer à la hausse au niveau des acquéreurs. Ils se disent : « Attention, à 65 ans je vais avoir des revenus amputés de 50%. Il faut que je prévoie des revenus complémentaires. » Et le problème est encore accru lorsque celui qui touche la retraite décède car il n’y a qu’une réversion de 50% pour le conjoint survivant alors que la totalité des charges (de copropriété, les impôts locaux) sont identiques. Vous payez les mêmes sommes, mais vous avez des revenus encore amputés de 50%. Les acquéreurs commencent à se rendre compte qu’arrivés à 65 ans ils ne pourront plus avoir une vie décente avec les revenus qu’ils auront au moment de la retraite, et leur conjoint encore moins. Les raisons pour recourir au viager sont-elles différentes selon les régions ? Les deux grands marchés du viager sont la région PACA et la région parisienne, mais on voit du viager partout. En général, en région PACA, les acquéreurs préparent leur future retraite. Quelqu’un qui a 40, 45 ans, 50 ans, se dit : « Je vais faire une opération en viager occupé sur la Côte d’Azur que j’occuperai à ma retraite. » À Paris, c’est plus le côté investisseur. Et puis il y a également la prévision pour le compte des enfants qui dans 10 ou 15 ans peuvent récupérer le bien et l’habiter. L’acquéreur en viager peut prévoir les études supérieures de ses jeunes enfants et investir dans un deux pièces en viager qui sera libéré quand l’enfant deviendra étudiant. Peut-on vendre en viager alors qu’il reste une partie de crédit immobilier à rembourser ? Oui, il suffit simplement de rembourser le crédit avec le bouquet. Comment effectuez-vous le bilan patrimonial servant à déterminer les besoins de vos clients ? Le bilan patrimonial est l’opération préalable du viager parce que quand vous avez à mettre en place une opération de viager avec un vendeur il faut examiner quels sont ses besoins, et pour connaître ses besoins, il faut que vous connaissiez son patrimoine : de quoi est constitué son patrimoine, quels sont ses revenus. Le calcul d’une vente en viager se fait souvent en démarrant par le besoin, c'est-à-dire la rente souhaitée. Le bilan patrimonial est un impératif au départ. Si vous n’avez pas beaucoup de revenus, vous avez intérêt à avoir une rente plus importante. Si vous avez des revenus élevés, le bouquet à ce moment-là sera plus fort. Vous pouvez disposer du bouquet sous forme de placement, ou le donner à vos héritiers en avancement d’hoirie, en avancement sur la succession. Hélène Baratte
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