Placement immobilier ou épargne retraite : miser juste. - avril 2003Pour garantir le pouvoir d’achat des retraités, nos gouvernants annoncent un dispositif qui imposera à tous de faire des efforts... Mais cette échéance n’est pas une fatalité, notamment pour ceux qui prennent leur destin en main, en investissant dans l’immobilier.
" La retraite, c'est de la vie en plus ! " annonçait dernièrement le Premier Ministre. Grâce aux progrès permanents de la médecine, la durée et la qualité de nos vies s'améliorent continuellement, mais la remise en cause du niveau du train de vie des retraités semble inéluctable. Voilà le paradoxe qui nous est promis à l'horizon 2020. Cependant, cela n'est rien au regard des projections en 2040. Le nombre des plus de 60 ans augmentera de 10 millions alors que les moins de 20 ans diminueront de 1,2 million. Il y aura alors en France sept retraités pour dix actifs et une grande interrogation pour cette date. Qui payera les retraites... ? Le coût des retraites aujourd'hui Moyennant quoi, au terme d'une vie de cotisation, un salarié peut espérer une retraite au taux plein s'il a cotisé 160 trimestres. Ensuite, le montant de la retraite dépend du salaire moyen calculé sur les 25 meilleures années, de l'âge de départ en retraite (en principe fixé entre 60 et 65 ans), et des points obtenus selon une méthode pour le moins opaque auprès des régimes de retraites complémentaires. Au bout du compte, un salarié non-cadre obtient en moyenne une retraite égale à 57 % de son dernier traitement. Ce taux étant de 59 % pour un salarié cadre. En cas de décès, le conjoint de ce cotisant perçoit une part de cette retraite limitée dans le meilleur des cas à 50 % ou 60 %. Mais si le défunt a été marié plus d'une fois, le dernier conjoint devra partager la retraite avec les ex-conjoints non remariés. Telle est aujourd'hui la situation schématiquement résumée. Si les projections démographiques se révèlent exactes, en 2040 dix salariés devront financer la retraite de sept de leurs parents au lieu de deux aujourd'hui. A supposer que les ratios de coûts supportés par actif n'évoluent pas, nos enfants cotiseront 3,5 fois plus qu'aujourd'hui et nous reverseront 55 % de leurs revenus pour financer nos seules retraites... L'enjeu est donc très concret et une certitude paraît acquise... Ni les salariés, ni les retraités ne paraissent décidés à faire des concessions au titre des droits acquis… Dans ce contexte, les assureurs proposent aux futurs retraités des solutions de capitalisation en compléments des systèmes obligatoires. Salariés et non-salariés sont incités à commencer à épargner 30 ans avant la retraite au titre d'une assurance-vie ou d'un plan d'épargne retraite. Le moment venu, l'épargne essentiellement investie par les compagnies d'assurances en actions et obligations, est servie sous forme de rente ou de capital afin de compléter les revenus distribués par les régimes de retraites obligatoires. Sûrs de leur fait, certains assureurs allaient même, au milieu des années 1990, jusqu'à réclamer la fin de notre système de retraite par répartition afin d'y substituer le régime par capitalisation qu'ils proposent. Selon eux, ce système est le plus à même de résoudre l'épineuse question des retraites. Le silence des assureurs… Quoiqu'il en soit, il est toujours coutume de dire que l'assurance-vie offre un bon équilibre entre sécurité et rentabilité. Les sommes placées dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie sont disponibles, selon les options d'investissement choisies, sous forme d'avances ou de retraits en cas de besoin. Ce faisant, certains contrats vont parfois jusqu'à offrir 6 % de rendements bruts. L'épargne retraite : choisir entre le capital OU la rente Toute personne imposable ou non, peut ouvrir un Plan d'Epargne Populaire (PEP) ou un plan d'épargne en action (PEA). Le montant maximal des sommes versées est de 92000 € pour les PEP, et de 132 000 € pour les PEA en cours ou ouverts depuis le 1er janvier 2002. Tout retrait total ou partiel effectué avant dix ans pour le PEP et avant huit ans pour le PEA, entraîne la clôture du plan. Les sommes des épargnants sont investies en compte de dépôt pour les PEP bancaires ou en assurance-vie (PEP assurance-vie). Pour les PEP assurance, la rémunération est prévue par le contrat assurance-vie souscrit. Quant aux PEP bancaires, ils garantissent selon la formule choisie une rémunération selon un taux d'intérêt fixe ou variable. Pendant la durée d'épargne, les intérêts produits sont capitalisés et cette rémunération est parfois complétée par une prime d'épargne annuelle versée par l'Etat. Cette prime, égale à 25% des versements annuels dans une limite de 229 € est réservée aux contribuables non imposables ayant ouvert un PEP avant le 22 septembre 1993, soit un PEP assurance-vie à primes périodiques avant le 5 septembre 1996. La fiscalité du PEP Les PEA bancaires et les PEA assurances. Suivant les formules proposées, l'achat de titres peut être effectué directement par le titulaire ou par l'intermédiaire de l'organisme auprès duquel le PEA a été souscrit. La gestion est donc libre, sous réserve de ne faire aucun retrait avant 5 ans, sous peine de perdre l'avantage fiscal. Mais attention… La rémunération du PEA, tout comme la récupération des sommes investies, n'est pas garantie. Fiscalité du PEA En cas de retrait anticipé en capital, les gains réalisés depuis l'ouverture du PEA sont imposables et sont soumis aux prélèvements sociaux à condition que le montant annuel des cessions des valeurs immobilières fixé à 7650 € en 2002 ait été dépassé. Dans ce cas, les gains sont taxés à 32,5% en cas de retrait dans les deux ans et à 26% entre deux et cinq ans. Si le seuil n'a pas été dépassé, seuls les prélèvements sociaux au taux de 10% seront dus. Signalons par ailleurs que les fonctionnaires et les indépendants peuvent compléter leurs retraites en investissant leurs économies dans des contrats qui leur permettent de déduire les cotisations de leurs revenus imposables. Facultatif et individuel la Préfon est réservée aux fonctionnaires. Le cotisant choisit une classe de cotisation, intégralement déductible des revenus, de laquelle dépend sa cotisation annuelle comprise entre 190 € à 3 400 €. L'épargne est investie en obligations (70 %), 28 % en actions et 2% en immobilier. L'importance de la rente dépend de l'âge de la retraite et des options retenues, réversion et ou dépendance. Le complément de retraite est versé exclusivement sous forme de rente, laquelle est soumise à l'impôt sur le revenu. Les contrats Madelin Le contexte fiscal étant posé, à la question : combien faut-il épargner pour assurer sa retraite ? des assureurs répondent. " La somme idéale de cotisation se situe aux alentours de 10 % du revenu pour un effort d'épargne entrepris au moins 20 ans avant l'âge de la retraite ". A titre d'illustration de l'effort à accomplir, un épargnant aujourd'hui âgé de 40 ans, doit épargner 195 € tous les mois jusqu'à 65 ans s'il veut se garantir un revenu supplémentaire de 350 € par mois. Pour un complément de revenu mensuel de 750 € à 60 ans, ce ne sont pas moins de 480 € mensuels qu'il lui faut épargner. De fait, et alors même que certaines formules d'épargne retraite bénéficient d'incitations fiscales (voir ci-dessus), elles requièrent toutes un effort de trésorerie conséquent dont chacun peut mesurer le niveau en fonction de ses capacités financières et de l'importance du complément de retraite qui lui paraît souhaitable. En tout état de cause, il s'agit indéniablement d'une stratégie de diversification patrimoniale réservée à ceux qui en ont les moyens et qui y adhèrent, à hauteur du niveau de confiance qu'ils prêtent au système boursier… A ce stade, il ne faut pas perdre de vue que c'est à la signature du contrat de prévoyance retraite et avant même le versement du premier chèque que le client doit arbitrer entre capitalisation et distribution. Opter pour la capitalisation signifie que les intérêts produits pendant la phase d'épargne sont automatiquement réinvestis au profit de la constitution d'un important " pactole ". La rente quant à elle, permet de percevoir des dividendes avec cette conséquence que le capital n'augmente pas... Les pertes considérables de valeurs des marchés boursiers et financiers ont fini par rendre objectivement aléatoires les paris des candidats à l'épargne retraite. Pour contourner le dilemme de la méthode à employer pour se constituer une poire pour la soif en vue de la retraite, l'investissement immobilier apparaît comme la plus sûre des méthodes. Investir dans l'immobilier : choisir le capital Et la rente ! Ainsi, un propriétaire qui se serait endetté pour emprunter 100 % du prix de son habitation en 2001 et qui l'aurait revendu au bout d'un an, aurait pu réaliser une plus-value représentant les sommes dépensées pour payer son crédit et ce, tout en ayant satisfait son besoin de logement. Ceci étant, les plus-values virtuellement réalisables lors de la revente ne doivent pas justifier l'acquisition d'une résidence principale. En terme économique, le bien-fondé de cet investissement réside dans le fait qu'il correspond à la satisfaction du besoin de se loger, lequel est en permanence connecté à une réalité économique. Le prix du loyer que chacun est prêt à payer pour habiter sous un toit. On est ici au cœur d'une réalité très éloignée des conjectures des analystes financiers qui encouragent leurs clients à acheter les actions d'une entreprise d'état criblée de dettes fut-elle engagée dans un secteur porteur ou d'une start-up qui n'a certes jamais réalisé de bénéfice mais dont l'avenir, garantissent-ils, est très prometteur… Fuir le débat capitalisation - répartition mais investir utilement en achetant son logement Autant dire que le statut de locataire se marie mal avec l'angoissante situation des régimes de retraites. A supposer que les loyers continuent leur raisonnable augmentation alors que l'érosion des pensions de retraites persiste, les futurs retraités locataires seront confrontés à une situation inextricable. A plus long terme, les conséquences des observations que nous venons de faire s'amplifient. C'est généralement, au bout de 15 ans qu'un crédit immobilier est définitivement remboursé. Dès le paiement de la dernière échéance, les emprunteurs qui jusque là étaient surtout les débiteurs de leur banquier, voient leur habitation entrer définitivement dans leur patrimoine. Fini donc le remboursement du crédit et les seules dépenses qui leur incombent sont les frais d'entretien. S'ils vendent leur bien, les propriétaires récupèrent la valeur prise par leur logement au bout des 15 ans, sans aucune incidence fiscale, car la vente d'une résidence principale est exonérée d'impôt sur les plus-values. Quant au locataire, une seule perspective s'ouvre à lui. Celle de continuer à verser un loyer qui ne cessera d'augmenter et ce, indépendamment du fait qu'il soit actif, chômeur ou retraité. Investir dans une résidence principale : une simple affaire de bon sens A budget égal, il est plus facile de trouver un bien à acheter qu'une location. A la recherche des offres de locations sur Paris, dont le prix est compris entre 480 et 500 €, Jean obtient 36 propositions pour des logements d'une pièce d'une surface de 10 à 25 m². A sa recherche de biens à vendre dont le prix est compris entre 50 000 et 55 000 € (afin de lui permettre de financer les frais de notaire compte tenu de du budget maximal de 61 000 € auquel lui permettent de prétendre ses revenus), Jean obtient 47 réponses pour des appartements de une ou deux pièces dont les surfaces s'étendent entre 15 et 34 m². De fait, pour un budget identique, l'éventail des choix qui s'ouvre au candidat à l'investissement est bien plus large que celle des locations. On ajoutera que dans le cas de la location, Jean doit obligatoirement prévoir une dépense préalable, qui dans son cas est d'environ 2000 €. Ce budget correspond aux honoraires de l'agent immobilier ainsi qu'au dépôt de garantie égal à 2 mois de loyers hors charges (restitué lors du départ si le logement est rendu dans un état convenable). En cas d'acquisition d'un bien ayant les mêmes critères objectifs de sélection, Jean n'aurait aucun effort de trésorerie à accomplir, car sa capacité d'endettement lui permet de financer à crédit 100 % du prix ainsi que les frais de notaire. Ne pas hésiter à s'endetter sur le long terme Ainsi, un crédit de 110 000 € à 6 % sur 15 ans revient à 928 € tous les mois et coûte 63 077 € en intérêts. Compte tenu du taux d'endettement maximum de 33 % au-delà duquel les banques refusent de consentir un prêt, ce crédit est accessible à un emprunteur ayant un revenu mensuel minimum de 2750 €. Sur 30 ans, ce même crédit coûte mensuellement 648,5 € le total des intérêts versés étant de 125 379,5 €. Dans ses conditions, un foyer dont les revenus mensuels sont de 1966 €, soit par exemple un couple dont chacun des membres percevrait le SMIC, peut prétendre à cet emprunt. ACHETER AU MEME PRIX QU'UNE LOCATION Cas n° 1 :
En s'endettant à hauteur de 25 % de leurs revenus, les époux ARNOLD se constituent un patrimoine, pour le prix d'un loyer. A titre d'illustration, en saisissant 535 € comme budget maximum dans les critères de recherche des locations sur le site Internet de Se Loger, nous avons notamment trouvé un 2 PIECES de 37 m² à Savigny sur Orge au prix de 520 € par mois. Ce 2 pièces comprend une entrée, placard, séjour, coin cuisine, chambre placard, salle de bains, wc, chauffage collectif. Cas n° 2 :
Signalons également que sur www.seloger.com ils auraient pu trouver dans la rubrique location un 3 pièces à Saint Michel sur Orge au prix de 755 € (3 pièces avec entrée, cuisine équipée, séjour avec balcon, placards débarras, salle de bains, wc séparés, 2 chambres avec placards, garage, cave). Cas n° 3 :
Pour 1143 € par mois, Monsieur CORRE aurait pu devenir locataire d'un pavillon de 120 m² à BRUNOY à 8 minutes de la gare et du centre-ville, composé de 4 chambres, d'un séjour double, sur jardin clos de 650m2 environ, chauffage au gaz, sous-sol total. COMPARAISON DES FORMULES DE LOCATION ET D'ACQUISITION A cet égard, le sort du locataire n'est pas aussi enviable. Tous les ans, un loyer subit la variation de l'indice INSEE du coût de la construction. S'il n'est pas possible de prédire l'évolution de ce taux, force est de constater qu'en 25 ans, les loyers ont été presque multipliés par trois !!! En 2001, la moyenne annuelle de l'indice INSEE était de 1140 tandis qu'elle était de 415 en 1976. Cela signifie qu'un loyer qui valait 600 € en 1976 vaut aujourd'hui 1644 € par le seul jeu de l'indexation selon l'indice INSEE. De même, ainsi que nous le verrons ci-après, les co-emprunteurs, peuvent décider de vendre le bien avant même d'avoir fini de rembourser le crédit en cours. Dans ce cas, à condition de réaliser une plus-value, et sous réserve des aménagements contractuels prévus devant leur notaire au moment de la signature de l'acte d'acquisition, ils récupéreront une partie de la somme dépensée pour financer leur investissement. En 2003, Monsieur LEROY et sa concubine achètent en indivision, un 3 P de 48 m² à BURES SUR YVETTE au prix de 118 147 €. Sur 30 ans, l'emprunt coûte 786 € par mois. Il convient de comparer cette somme aux 753 € qu'ils auraient du dépenser pour la location d'un logement comparable à celui qu'ils ont acheté. Si l'on s'en tient à une hypothèse basse de valorisation de leur patrimoine, à raison de 2 % par an, ce logement pourrait théoriquement être vendu 144 064 € en 2013. A cette date, le capital restant dû à la banque sera de 101 600 € et les intéressés peuvent espérer retirer de leur investissement un gain égal à : 144 064 € (prix de vente du bien actualisé en 2013) - 101 600 € (capital restant à rembourser à la banque) = 42 464 € En restant locataires, ils seraient seulement certains d'avoir dépensé 120 x 753 €, soit 90 360 €, (compte non tenu de la hausse des charges locatives et de l'augmentation du prix du loyer en raison de l'indexation sur l'indice INSEE). L'immobilier à usage locatif : un revenu foncier ET un capital plutôt qu'une rente Attardons-nous sur cette dernière proposition. Cette somme de 480 € est celle qu'un emprunteur doit rembourser pendant 25 ans s'il contracte un crédit immobilier de 81 000 € au taux de 5.20 %. A supposer que ces 81 000 € soient investis dans un bien immobilier dont le rendement locatif annuel est seulement de 7%, soit 5670 € par ans ou encore 472 € par mois, la solution investissement immobilier apparaît d'emblée bien plus avantageuse. Dans 25 ans, lorsque le crédit sera remboursé, le loyer aura pour sa part atteint la valeur de 600 € si l'on tient compte d'une indexation INSEE des loyers de 1 % par an. De ce seul point de vue, la performance de la rente locative est supérieure de 25 %. On ajoutera, à la différence de l'opération épargne retraite qui représente de toute façon chaque mois un effort de trésorerie, que pendant les 25 ans de l'opération d'investissement, le crédit immobilier aura été entièrement financé à l'aide du loyer versé par le locataire. Nous rappelons que la phase même de remboursement de l'emprunt est susceptible d'être parfaitement sécurisée par la souscription d'une assurance loyers impayés. Enfin, nous signalerons que l'investissement immobilier présente d'emblée l'avantage de certitudes tout à fait significatives. Dès la signature de l'acte d'achat chez le notaire, le bien appartient à l'acquéreur même s'il a du emprunter 100 % de la somme nécessaire au financement. A supposer qu'il lui arrive malheur (décès ou invalidité) pendant la phase de remboursement de son crédit, le bien entrera dans son patrimoine par le jeu des assurances obligatoirement souscrites en même temps que le crédit, ce qui est une façon très tangible d'assurer le devenir de ses proches. Etienne Langevin Les informations disponibles dans cette page sont fournies
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